mercredi 16 décembre 2009

Les yeux de Fausto...

En janvier 1961, paraissait le numéro 1 du Miroir du cyclisme. Une large place était consacrée à la commémoration de la mort de Coppi, un an plus tôt.
Et je ne résiste pas au plaisir de reproduire ici le texte que le directeur de la revue, Maurice Vidal, écrivit à cette occasion:
Janvier à nouveau blanchit Castellania...

La phrase qui s'inscrit dans l'une de nos pages, et qui balance d'un rythme lent, triste et grave, sonne aussi dans la mémoire des millions d'amis de Fausto Coppi.

Janvier à nouveau blanchit Castellania...

Comme un glas ? Non plus. Il y a un an, la cloche du village perché accompagnait le pas des porteurs. Aujourd'hui, elle appelle au souvenir...

La mort de Coppi fut triste pour ses amis mortels. Mais au royaume intemporel des héros, elle s'inscrivait dans le cycle de la légende. Les héros meu­rent jeunes...

Janvier à nouveau...

Les veuves se griffent à la plume. Des enfants grandissent séparés. Une mère pleure...

Nous n'avons qu'à nous souvenir, nous les témoins, c'est notre façon d'aller porter des fleurs au cimetière.

II y a douze mois, en janvier, à Castellania, le destin cruel mais lucide décidait que la gloire de ce héros ne serait plus ternie. Héros de la jeunesse, Fausto conserverait à jamais le visage de celle-ci, avec la douceur enfantine de son regard. Qu'importé qu'on aime le cyclisme Ce cycliste est digne de toutes les épopées...

Un homme naît, vit et meurt. Qu'importe où et quand. Seul importe comment.

Savant, écrivain, acteur illustre, champion ou humble travailleur, tout homme a le droit d'être jugé sur les richesses qu'il a fait jaillir de son corps, de sa tête et de son cœur.

Il est juste que le nom de Coppi soit illustre, parce qu'il fut honnête, loyal, bon, généreux.

Parce qu'il a fait jaillir de sa carcasse étriquée une incroyable volonté. Parce qu'il a su choisir, vouloir et réussir. Fantastiquement réussir. Parce qu'enfin il fut le premier et le dernier campionissimo.

Maurice VIDAL.


Coppi au sommet du Grand saint Bernard (je crois...) lors de son premier Tour de France victorieux en 1949. On reconnaît Robic en maillot blanc.
Ce deuxième document le montre en 1952, lors de son deuxième succès en 1952. Il est encore accompagné de Jean Robic, l'autre coureur étant Raphaël Géminiani.
Deux photos extraites de Miroir Sprint de l'époque. On peut y voir le vélo Vert Bianchi du Campionissimo !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire