samedi 17 janvier 2009

Mon vélo


Le moment est venu de vous présenter mon vélo. Même s'il ne sera pas le vélo de mon Tour 59. J'en ai commandé un tout neuf, tout beau...

Le dimanche 24 janvier 1999, j'ai cassé mon vélo à l'entrée du village de Saint Genest prêt de Villiers Saint Georges. Une petite cassure, pas grave, pas dangereuse... Il faut dire qu'il avait plus de 15 ans mon vélo. Il était violet en 1999 mais à l'origine il était rouge. Il avait été fabriqué en 1983, sur mesure, par Rémy Jamin, un artisan qui fabriquait des cadres de vélos à Priziac (Morbihan). C'était un cadre en acier, du Colombus, je crois. Je confiai le montage de ce vélo à mon copain coureur cycliste Philippe Le Prado, de Pluvigner (Morbihan, toujours). J'avais acheté toutes les pièces au magasin "La roue d'or" à Paris. Presque que du Campagnolo, le plus beau matériel de vélo du monde, la classe italienne quoi. Il m'avait coûté cher ce vélo mais c'était l'époque où je commençais à travailler et j'avais l'impression d'être riche ! Je pense avoir fait environ 50 000 kilomètres sur mon beau vélo Jamin.


Alors, je décidai d'acheter un nouveau vélo. Quelques jours plus tard, je suis allé au magasin Vélo Nature de Coulommiers où Lucien Marion, le propriétaire des lieux à l'époque, me monta ce vélo autour d'un cadre LOOK violet et jaune, pas du sur-mesure. Toujours en acier. Toujours du Campa...


Aujourd'hui, il est très sale... Il a subi la neige, le gel, le sel, la pluie la boue. Demain, je le laverai, promis.


On voit à peine que c'est du Campa...

Une semaine plus tard, je roulais sur mon nouveau vélo Look, jaune et violet. Depuis dix ans, nous avons du faire plus de 80 000 kilomètres ensemble, c'est dire si nous connaissons. Beaucoup de bons souvenirs, peu de mauvais. Et même les mauvais avec le temps deviennent des bons...

Par exemple, ce Paris-Brest-Paris 2007 parcouru en grande partie sous la pluie.

La nuit du mercredi 22 au jeudi 23 août, entre Illifaut et Tinténiac, dans la Bretagne bretonne, la nuit noire de chez noir, vers minuit, une heure du matin. Il pleuvait des "cornes", des grosses "cornes" bien grasses ... La pluie, et la solitude, tout seul sur la route.

Tu t'attends à voir un panneau défraîchi dans la lueur de ta petite lampe qui est vraiment étanche, la preuve par la pluie, un panneau vieux, cassé, tout pourri: "Fin du monde..." Et tout à coup, au loin une lumière rouge, dans le ciel, là-haut. Et tu te dis : "Merde..." Tu te souviens qu' il faut en plus grimper près de ce relais de télévision, près du village de Bécherel (le village du livre, je crois). Mais tu n'as pas intérêt à sortir un livre à c'te heure...) Alors tu pédales. Des ombres diluviennes te dépasses. Tu vois les petites lueurs rouges de leurs feux arrière qui s'éloignent... vite, trop vite. Et puis une rengaine arrive à ta bouche:

"Pourquoi donc ? Parce que donc... Pourquoi donc ? parce que donc ..."

Et tu la répètes, tu la murmures d'abord, puis tu la chantes doucement, de plus en plus fort...

"Pourquoi donc ? Parce que donc..."

Et tu chantes à tue-tête...

"Pourquoi donc ? Parce que donc..."

Et tu hurles... Tu vocifères... Tu tempêtes...

Et tu passes à côté de cette saloperie de petite lumière qui te nargue dans le ciel... et tu cries à plein poumons

"Pourquoi donc ? Parce que donc..."

Tu traverses le village et là, comme tu es encore un peu lucide, mouillé mais lucide, tu baisses un peu le ton...

"Pourquoi donc? Parce que donc..."

Des fois qu'ils auraient envie de t'enfermer pour les avoir réveillés, tous les dormeurs de Bécherel, vous savez le village du livre et ... de la pluie qui tombent sur les pauvres randonneurs cyclistes. Elle ne fait pas des claquettes cette pluie, elle te mouille, elle te mouille, elle te mouille!

Et la descente arrive... et tu as froid maintenant, alors tu gueules à nouveau:

"Pourquoi donc ? Parce que donc..."
Une fois, dix fois, vingt fois.

Enfin, tu arrives à Tinténiac... Partout des cyclistes hagards et mouillés. Transis de froid... Si tu avais une voiture suiveuse, un camping-car d'accompagnement, tu sais que tu rentrerais à la maison...
Alors, dans le collège réquisitionné pour ton bien-être, tu sors des sacoches de ton vélo LOOK, jaune et violet, des petits sacs plastiques où tu trouves des habits de rechange, secs. Et tu vas te laver, te sécher, parce que tu as aussi une serviette dans un autre petit sac en plastique. Et tu te changes. Et tu manges une bonne soupe bien chaude. Et tu te trouves un endroit bien calme... sous un escalier où tu te couches, dans ton duvet, sec aussi, le dortoir est complet. Et tu dors une heure ou un peu plus. Mais ton vélo, le LOOK, jaune et violet, avec ses sacoches, son sac de guidon et sa sonnette. Il est resté dehors, sous la flotte, ton vélo, et dans ton demi-sommeil, tu crois l'entendre te murmurer à l'oreille:

"Pourquoi donc ? Parce que donc..."

Tout doucement, parce que, quand même, il ne veut pas te déranger. Ce n'est pas dans ses habitudes...
Quand tu repars, il ne pleut plus. C'est toujours la nuit noire et tu regardes ton vélo et tu lui dis:
"Parce que donc..." C'est beau un vélo, la nuit......


Je dédie cette petite histoire, au petit Pablo que j'avais entendu rire aux éclats quelques jours avant le départ de Paris-Brest-Paris 2007, quand il demandait à sa maman, Marcia :

"Pourquoi donc ?

- Parce que donc, répondait celle-ci."


Salut les champions, Pablo et Noémie.






3 commentaires:

  1. Coucou, c'est encore moi. "Et tu te vas te laver": la structure de la phrase est bizarre: sans doute ton côté anti-bescherelle. Au passage, Bescherelle vient du nom des frères Bescherelle, qui ont publié en 1842 "Le Véritable Manuel des conjugaisons ou la science des conjugaisons mise à la portée de tout le monde".
    cf http://fr.wikipedia.org/wiki/Bescherelle

    En passant, c'est curieux, parce que chez nous, il pleut des "cordes", et non des "cornes". C'est lié à l'impression que le gouttes se suivent de tellement près, que, accrochées les unes aux autres, elles forment des cordes.
    Quitte à critiquer, je continue: à mon avis_et là, j'ai peut-être tort_, les sacs plastique s'écrivent sans "S", dans la mesure où ce sont des sacs en matière plastique.

    RépondreSupprimer
  2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  3. Commentaire du commentaire
    J'ai enlevé un TE. Je bégaye parfois.
    Je maintiens le S de plastique. Na, Bien fait. C'est moi qui décide.
    Pour Bécherel, j'y avais pas pensé, je trouvais que c'était surtout un sale BLED...
    Je vais essayer d'aller rouler sous la pluie et le vent mais c'est pas sûr!
    Bon dimanche.

    RépondreSupprimer