mardi 27 janvier 2009

Brève de vélo (Dossard n°4)

En 1959, j'étais au trou, à Fresnes. Je partageais ma cellule et mon temps avec Jo Attia, un mec de la bande de Pierrot le Fou. Jo avait des origines espagnoles. Il aimait bien tous les coureurs, mais il préférait Bahamontes...
Les Français partaient favoris. Avec Bobet, Anquetil, Géminiani et Rivière dans la même équipe, on aurait dû tout gagné. Pourtant, mes copains et moi, on ne se faisait guère d'illusions sur leurs chances. Quand on met plusieurs crocodiles dans le même marigot, ils finissent toujours par se bouffer... C'est ce qui s'est passé. Bahamontes les a tous battus. Pour la plus grande joie de mon pote Attia.
Mais le Tour, ce n'était pas qu'un rêve. Le Tour, nous l'avons également touché. A notre manière... Quelques semaines avant le départ, nous recevions des tombereaux de casquettes publicitaires d'un côté et des rouleaux d'élastiques de l'autre. Nous enfilions les élastiques dans les casquettes. Le tour était joué. La caravane publicitaire pourrait les distribuer.
A Fresnes, nous avions une autre spécialité: les petits coureurs en plomb ou en plastique. Nous les peignions aux couleurs des équipes du Tour. A notre façon, nous aidions les enfants à rêver...
Alphonse BOUDARD
Dans "100 ans du Tour de France en 90 histoires" Editions Mango
Je viens de trouver un nouveau "cruc" qui s'affiche au bas de chaque message: Réactions! Alors il faut tout relire et cliquer. Merci...

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